Principes du gouvernement représentatif de Bernard Manin

Trônant dans les rayons de quasi toutes les librairies, souffrant d’une indifférence qu’on suppose encore plus forte que pour les autres, l’ouvrage de Bernard Manin n’a fini, pour ma part, par m’intéresser que tout récemment. Pourquoi, à 34 ans, se lancer dans une lecture sur les principes du gouvernement représentatif alors même que j’y baigne, m’y déploie et m’en désespère parfois ? Pourquoi se plonger dans un bouquin dont le titre sonne davantage comme un précis de BAC1 en sciences politiques que comme un essai à contretemps des idées reçues ? Sa dimension polémique semble avoir été étouffée par la volonté, consciente ou non, d’en faire prioritairement un ouvrage crédible plutôt qu’un texte véritablement subversif. C’est le paradoxe apparent qu’il semblait contenir qui m’incita à en prendre d’assaut les premiers chapitres. C’est aussi un tweet perdu dans l’immensité de X qui présentait le livre comme une révélation, tant il démontait les idées reçues sur le système dit représentatif. A la bonne heure !

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De l’utilité de lire de mauvais livres

L’époque est au classement, des hit-parades musicaux aux concours en tous genres, pour doter les nouveaux livres d’une banderole aux couleurs criardes dont la faute de goût se justifie par les regards qu’elle attire. On prétend ainsi classer les bons et les mauvais livres, ceux qu’il faut lire de ceux qui méritent moins d’intérêt, sachant tout de même qu’ils ont passé la longue et haletante route de l’édition.

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Lire Finkielkraut, penser avec Kundera

Il y a presque quinze ans, je lisais, jeune et enthousiaste à l’idée d’embrasser des ouvrages « compliqués », les fameux ouvrages que sont La Défaite de la pensée ainsi que La Pensée 68, que Finkielkraut avait signé seul pour le premier, et coécrit avec Alain Renaut pour le second. Je me rappelle le sentiment de l’époque : des vacances dans le sud de la France, près de Toulouse, où j’avais embarqué dans mes valises ces deux bouquins qui ne sentaient pas bon la crème solaire et les lectures « détente ». Pas encore tout à fait formé aux sujets abordés, sans avis préconçu sur la révolte de Mai ni sur la question du nationalisme, j’ai le souvenir précis que ma déception de n’avoir pas tout compris avait été largement supplantée par le plaisir d’avoir entrouvert une porte que je n’étais pas prêt à refermer.

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On achève bien les Grecs – Chroniques de l’euro 2015

C’était au hasard d’une déambulation dans une petite bouquinerie du Brabant wallon, où les livres politiques, historiques et philosophiques qui se trouvaient sur des étagères remplies semblaient figés, comme si l’on redoutait presque d’en attraper un et de le hisser hors de sa place, tant on aurait peur de faire suivre tous les autres dans le mouvement, et de tout faire tomber. Il faut dire que tout cela ne donnait pas spécialement envie.

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 "Vivre sans" de Frederic Lordon (2019)

Vivre sans institutions. Sans police. Sans travail. Sans argent. Sans identité. Est-ce bien possible ? C’est ce dont parle le fameux « Vivre sans » édité à La Fabrique. Écrit par Frederic Lordon, directeur de recherche au CNRS et véritable aiguillon de la pensée d’extrême gauche en France, il fut une apparition médiatique remarquée lors des évènements de Nuit Debout dont on se remémore à peine ces images d’Épinal où ces assemblées de punks à chiens et d’étudiants en quête d’idéal révolutionnaire refaisaient le monde au cœur de Paris.

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"Air" de Bertil Scali (2019)

Il y a des romans qu’on lit pour se détendre ou pour se divertir. Il y en a d’autres qui permettent de sensibiliser à une cause. Enfin, il y a ceux qu’on peine à classer. « Air » fait définitivement partie de cette dernière catégorie. Écrit à quatre mains, ce roman d’anticipation tente de dresser le portrait d’une France ayant fait le choix de la dictature pour effectuer une véritable révolution écologique. Arrivé au pouvoir contre l’extrême droite — une spécialité hexagonale dirait-on ! — la Présidente dont le nom n’a jamais été caressé de la plume par les auteurs Bertil Scali et Raphaël de Andréis — provoque une onde de choc dans son pays. Aux côtés d’un Général aux accents gaulliens nommé à Matignon — la nouvelle cheffe d’État décide d’instaurer un régime autoritaire pour faire table rase du passé.

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Exodus: Immigration et multiculturalisme au XXIe siècle (2019)

Une étude sur l’immigration et le multiculturalisme au XXIe siècle : voilà ce que nous propose l’auteur de cet épais ouvrage réédité aux Éditions de l’Artilleur il y a quelques mois. Paul Collier est professeur d’économie à Oxford et a été directeur de recherche sur le développement à la Banque Mondiale. Loin de faire jouer l’argument d’autorité, il n’empêche que sa plume incite à prendre un peu de hauteur sur toutes ces questions brûlantes.

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Kebabs, un objet d'étude?

Imaginez-vous un instant dans la peau d’un touriste japonais. Ou chinois. Ou russe si vous préférez. Imaginez-vous déambuler dans les rues du centre-ville de Bruxelles, le ventre grouillant. Vous êtes frappé par une faim tenace due aux kilomètres parcourus dans le froid, à l’affût de la moindre curiosité à capturer sur votre téléphone. Imaginez-vous chercher de quoi vous sustenter. Des frites ! C’est ce qu’on mange ici, en Belgique ? Imaginez-vous chercher. Chercher. Encore et toujours. Désespérément. Où sont les frites, bordel ? C’est ce qui risque d’arriver aux touristes perdus dans les dédales de notre centre-ville, tant les friteries au sens traditionnel du terme ont disparues de ses petites et grandes artères. Elles ont cédé la place à des établissements dont le doux nom évoque désormais les terres d’Anatolie ou celles de royaumes de l’autre côté de la Méditerranée.

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Capitalisme patriarcal - Silvia Federici

En ces temps de confinements obligatoires, les jours passent et le besoin d’autre chose se fait sentir peu à peu. Bloqué entre quatre murs, sortir intellectuellement de sa zone de confort est une nécessité pour ne pas tourner en rond. Dans tous les sens du terme ! C’est pourquoi j’ai tiré d’une étagère de ma bibliothèque «Le capitalisme patriarcal » (2019), acheté il y a quelques mois sans que jamais le courage de m’y pencher ne se manifeste. Il s’agit d’un ouvrage de référence qui fait autorité dans le monde universitaire actuel. Écrit par une certaine Silvia Federici, militante féministe se qualifiant elle-même de “radicale”, cet ouvrage est abondamment cité dans les séminaires et colloques que j’ai de temps à autre l’occasion de suivre, ayant moi-même un pied dans la recherche.

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L’esprit démocratique du populisme - Frederico Tarragoni

S’il y a bien un sujet que les auteurs en manque d’inspiration peuvent continuer à ronger à l’envi, c’est bien celui de populisme ! Mis à toutes les sauces et dérivés sous toutes ses formes, nombreux sont ceux qui auront inondé les librairies de leurs dernières réflexions autour d’un concept dont chacun dispose désormais de sa propre définition. C’est d’autant plus pratique quand il s’agit d’en dire tout et son contraire ! Emballez votre création d’une belle couverture sur laquelle est imprimé un titre accrocheur, et c’est parti mon kiki ! Avec le « populisme », y’ a toujours matière à en remettre une couche histoire de se payer le droit de faire la tournée des plateaux télé pour effrayer le bourgeois ou faire la morale au prolo !

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La Dictatrice - Diane Ducret

Quel étrange sentiment que celui de se faire piéger par l’apparence d’un livre, son titre et un quatrième de couverture qui laissaient présager une énième bonne dystopie ! Étrange également de trouver cela excellentissime avant d’arriver à la centième page et de finir profondément déçu par la pauvreté de la réflexion, le manque de hauteur et surtout, la facilité d’écriture qui permet de définir ce que l’on peut considérer comme un très mauvais livre. L’auteure, Diane Ducret, est surtout connue pour ses ouvrages sur les « Femmes de dictateurs » qui auront trouvé un public certain.

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