Mai 68. Les images d’archive défilent sur nos écrans et ses slogans sonnent comme des échos d’un passé oublié. La fougue des jeunes étudiants foulant côte à côte les pavés de France fit même fuir le Général.
L’homme de 18 juin, cerné par une révolte devenue hors de contrôle, au point de redouter une véritable révolution, fit l’aller-retour à Baden-Baden pour se faire définitivement sortir au suffrage une fois revenu dans l’Hexagone. D’autres, moins illustres, se firent dégager de manières plus mousquetaire que ça ! Cinquante ans après, c’est avec surprise que les soubresauts de la révolte se font entendre, à la manière d’un hommage. Ce joli mois de mai, où marchaient à côté des jouisseurs sans entrave toute une jeunesse qui discourait à coup de phraséologie marxiste, étayant leur propos de « baisse tendancielle des taux de profits » », de « lutte des classes » ou d’« aliénation du salariat », force est de constater que le discours de nos nouveaux révolutionnaires a pris une toute autre forme ! Orwell parlait de la novlangue pour s’insurger contre les éléments de langage trompeurs des régimes totalitaires. Il est fort à parier qu’il tomberait littéralement de sa chaise en écoutant notre jeunesse actuelle. Des cours annulés ou des personnalités désinvités par effet de pression de ces nouveaux groupes actifs à la chasse aux dérapages en tout genre, dénoncés par le Mrax et d’autres officines de la bien-pensance généralisée, en passant par l’interdiction aux personnes de couleurs blanches dans des ateliers de non-mixité en France… la jeunesse contestataire qui criait qu’il était interdit d’interdire s’est muée en véritable auxiliaire de police politique dans nos États d’Europe occidentale. La lutte des classes à fait place à la lutte des races et des sexes, faisant de ces étranges combats son corps business, et de son discours politique une véritable parole d’Évangile, aussi sacrée qu’incontestable. À renfort de préfixes en tout genre (cis, bi, trans…), de repentance à tout-va et d’écriture inclusive, les nouveaux Torquemada de la belle pensée font régner la terreur sur les campus. Ce nouveau puritanisme politique attaque violemment ceux qui ne suivent pas son dogme et ne prêche pas sa Parole. Les racisés (toute personne non blanche) et minorités sexuelles se doivent de faire front commun pour faire tomber l’ennemi qu’incarne le vilain mâle blanc capitaliste. Cette convergence des luttes 2.0 traduite dans le jargon gauchiste par le mot « intersectionnalité » c’est-à-dire la lutte simultanée contre toutes formes de discriminations et d’oppression, pousse ses nouveaux convertis à s’attaquer à tout ce que représente l’Europe blanche et chrétienne.
Le discours est clair : il faut que l’Europe purge ! A coup de multiculturalisme présenté comme une fin en soi, ces nouveaux contestataires imposent progressivement leurs thèmes : l’étude du genre, la repentance coloniale, les sparadraps de couleurs, le féminisme radical, le droit à la différenciation sexuelle, l’écriture inclusive, l’accueil inconditionnel des migrants, l’obligation de se plier à toutes les pratiques culturelles sous couvert de respect du vivre ensemble. La nouvelle gauche entreprend un travail de destruction systématique de l’Europe et de son héritage, omettant curieusement qu’elle n’est aucunement l’apanage de l’homme blanc. Faire semblant de croire le contraire relève du terrorisme intellectuel en plein !
Mai 68, c’est ce drôle de remake dont le rendu a une couleur bien pâle malgré la volonté de colorer à tout crin de ces obsédés de la diversité. À défaut de faire tomber le système en s’en prenant à la police, comme en 68, nos contemporains se sont mutés en petits flics, usant des nouvelles armes de la contestation : les groupes antiracistes engagent systématiquement une action en justice pour clouer le bec à leurs détracteurs, pour faire taire toute pensée divergente. L’antisystème est devenu le Système. Du coup, on en viendrait presque à regretter Karl Marx et ses dévots!
Y a pas à dire, tout était mieux avant. Même la gauche marxiste, aujourd’hui mraxisée !
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