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Texte écrit en septembre 2020
Le 8 septembre dernier, l’avant-première du film Saint-Nicolas est socialiste avait lieu à l’UGC à de Brouckère. Réalisé par David Leloup, ce long-métrage met en scène deux conseillers communaux indépendants- Roger Boeckx et Filippo Zito dénonçant les pratiques scandaleuses du PS au pouvoir depuis des décennies dans cette commune de la province de Liège.
Malgré les abus, les socialistes décrochèrent 16 sièges sur 27 aux dernières élections communales, laissant au PTB la place de deuxième force politique bien loin derrière avec 15% des voix, ce qui permettait au PS de garder les pleins pouvoirs en passant l’écharpe mayorale à une certaine Valérie Maes. Sans le dire, on se rend bien compte que la réalisation à fait le choix d’user de tous les codes d’un bon « Striptease », avec les figures caricaturales que la politique wallonne peut bien nous fournir ! Dans le rôle du bourgmestre socialiste tout-puissant, c’est Jacques Heleven qui s’y colle. Dans celui du nouveau visage pour perpétuer les mauvaises pratiques, la jeune Valérie Maes semble avoir le profil pour garder la mainmise sur la commune. L’opposition, quant à elle, correspond aux stéréotypes qu’on est en mesure d’attendre d’elle! Seule différence de taille : tout a été lissé pour en faire une satire relativement politiquement correcte, loin du ton piquant que ce type de montage permet généralement. En soi, après les affaires liées à Nethys/Publifin, on n’apprend rien de plus que ce qu’on ne savait déjà.
C’est peut-être l’élément le plus inquiétant de l’histoire : on se marre en apprenant que la candidate bourgmestre, Valérie Maes, se met en congé des semaines entières auprès d’une intercommunale bidon pour mener une campagne pour le PS. On voit d’ailleurs à l’écran Roger Boeckx appeler sur le numéro de Finimo, l’intercommunale verviertoise en question, et dont le siège déclaré ne répond pas. Il décide alors de déposer plainte. En faisant quelques recherches, on réalise que celle-ci a été jugée irrecevable depuis, par la cour d’appel de Liège. Le plaignant a même été condamné à payer la somme de 2.880 euros à la nouvelle bourgmestre à titre d’indemnités de procédure. Une décision qui a de quoi étonner au vu de l’échange qui a lieu entre les deux protagonistes : Maes faisant clairement état d’un immense malaise face aux accusations portée à l’époque, on pouvait largement supposer qu’il y avait bien anguille sous roche ! Critiquer le PS pour y entrer ! Pour le reste, le film nous plonge dans la banalité des choses, où l’immobilisme et le renoncement constituent les traits d’une région en train de sombrer. Même l’indignation est molle, à l’image de Boeckx quittant la politique alors que tout reste à faire, et que son ami Zito finira même par aller quémander une place sur les listes PS pour tenter de faire de l’entrisme. On rit à l’avance !
La scène montrant le conseiller communal indépendant au barbecue du PS local fait sourire : après avoir remué les scandales, le voilà seul, déshonoré et honteux, terminant sa triste course à tapiner pour ceux qu’il voulait voir tomber ! Triste sir, triste sort ! On sent d’ailleurs que le réalisateur du film ne montre pas tout : les deux héros sont d’ailleurs jetés comme des malpropres par le PTB où ils étaient lamentablement venus chercher une place sur les listes. C’est ce qui gêne le plus : il y a quelque chose qui sonne faux dans cette histoire : comment deux types aussi actifs et aussi populaires - comme laisse l’entendre le film - peuvent terminer de cette manière. Loin d’une belle opération Mains Propres à l’italienne, cette opposition-là manque de panache, et démontre par l’absurde que la mainmise socialiste sur la Wallonie est loin d’être terminée. C’était assez pourtant pour satisfaire le public qui, ayant ri aux éclats, nous parle maintenant de comités citoyens et de démocratie directe.
Chacun jugera de la pertinence des solutions gauchisantes : Saint- Nicolas est socialiste, et elle le restera !
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