Québec : la loi sur la laïcité remise en cause !

Publié le 16 avril 2026 à 13:37

Texte écrit en décembre 2020

L’élection québécoise du 1er octobre 2018 fut à bien des égards historiques. La Coalition Avenir Québec (droite) y a raflé 76 des 125 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale québécoise, écrasant les grands partis historiques de la Belle Province. Une véritable victoire qui a conforté le nouveau Premier ministre François Legault à légiférer sur les questions identitaires pour lequel son parti a été largement plébiscité. En juin 2019, c’est la fameuse loi sur la Laïcité de l’État, aussi appelée « loi 21 » qui a vu le jour dans un climat tendu.

C’est un véritable coup de tonnerre dans une région habituée aux tirades d’un Justin Trudeau toujours prompt à faire du multiculturalisme l’horizon indépassable de sa politique, et où les libéraux anglo- saxons battent la mesure, quitte à étouffer toute pensée dissidente à la doxa. M. Legault est allé droit au but : supprimer les signes religieux ostentatoires là où ceux-ci étaient originellement acceptés. Agissant à contre-courant, puisqu’outre-Atlantique c’est la liberté religieuse qui fonde les bases de la culture politique, la remise en question qui a lieu sous nos yeux de cette loi 21 par la justice nous prouve que revenir en arrière sur les droits acquis en matière religieuse n’est pas chose aisée. En dépit des contestations, il faut toutefois dire que ce texte prenait soin de ne pas déplaire. En garantissant les droits acquis avec une clause dite « grand-père » l’idée principale était de fixer un cadre d’inspiration française sans pour autant toucher à la liberté de ceux qui ont bénéficiés du droit de porter le foulard ou la kippa jusque-là. C’était déjà trop pour les plus virulents de ses détracteurs qui n’y sont pas allé de main morte en assimilant cette loi 21 aux « pires heures de la ségrégation raciale ». Le gauchisme québécois est en passe de succomber à ses vieux démons anti-démocratiques en tentant de faire tomber un texte qui recueille pourtant plus de 74% d’avis favorables chez les Québécois francophones (contre 43% chez les locuteurs de la langue de Shakespeare).

Qu’importe le vote par le législateur, cette loi est remise en cause aujourd’hui par les organisations antiracistes qui menacent de la trainer devant les tribunaux canadiens pour non-respect de la diversité et des croyances de chacun. Alors que le point 5 prévoit que ce sont aux tribunaux du Québec à « traduire les exigences de la laïcité et l’État et d’assurer sa mise en œuvre », les associations ont décidé que le pouvoir judiciaire devait surtout être saisi pour faire s’écrouler la totalité du texte ! Ce n’est pas sans rappeler qu’en Belgique, la gauche aime user de ce pouvoir pour étendre l’interprétation des textes qui encadrent notre démocratie. On sait par exemple que le réseau d’avocats Progress Lawyers Network (PNL) est très proactif dans le domaine. Ils savent surtout qu’à l’heure actuelle, que ce soit au Québec ou en Belgique, il devient difficile pour eux de faire passer leur agenda réel devant les électeurs.

Du coup, ils contournent le peuple pour faire jouer le pouvoir judiciaire en leur faveur. Ce qui est certain, c’est qu’à force d’accorder des droits aux minorités religieuses, il devient presque impossible de revenir en arrière. C’est du moins ce que nous apprend cette affaire québécoise. Alors que le socle de valeurs communes est prêt à voler en éclat, les militants antiracistes, à défaut de prendre les barricades, usent désormais du pouvoir judiciaire pour en découdre avec la volonté populaire !

Affaire à suivre. Et à méditer !

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