Vous finirez par regretter les populistes!

Publié le 16 avril 2026 à 13:37

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« Le PiS, c’est une bande de bolchéviques ! » Voilà ce qu’un ancien collègue polonais du Parlement européen me disait au sujet du parti conservateur de son pays, maintes fois attaqué par Bruxelles pour non-respect du sacro-saint concept d’État de droit durant ses années au pouvoir (2005-2007, 2015-2023). Un parti qui, d’un point de vue de son positionnement, qu’il s’agisse de l’immigration, de l’avortement (et de toutes ses positions sur les sujets sociétaux en général) ou sur l’Europe, est tout sauf un parti de gauchistes ! En creusant un peu, j’ai réalisé que l’homme qui associait ce parti de droite aux révolutionnaires russes était un membre de la Konfederacja polonaise.

 

Un concurrent plus à droite encore que les conservateurs du PiS, qu’il fustigeait allègrement à l’époque. Cette « confédération », comme son nom l’indique, a été constituée aux alentours de 2018 afin de rassembler sous un même étendard un ensemble de petits partis ultra-nationalistes. Son entrée au Parlement européen, en 2024, est intéressante : deux élus ont rejoint le groupe des Patriotes pour l’Europe aux côtés de Marine Le Pen et Viktor Orbán, trois font partie du groupe Europe des Nations souveraines avec l’AfD et la talentueuse Sarah Knafo (Reconquête), et le dernier, Grzegorz Braun, siège quant à lui en non-inscrit, rejeté de tous les autres partenaires européens (pas de son propre parti, c’est important de le dire !) pour ses positions totalement antisémites. En 2023, il est allé jusqu’à utiliser un extincteur pour éteindre des bougies d’une menorah lors d’une cérémonie de Hanoucca. Un geste qui ne l’aura pas empêché de figurer en bonne place sur les listes de la Konfederacja. Ça vous donne une petite idée de l’ambiance ! Un melting-pot (ou plutôt une belle goulash, pour s’adapter aux us et coutumes locales !) qui se situe désormais entre 15 et 19 % d’intentions de vote selon les sondages, derrière les deux grands partis : le PiS donc, et la Plateforme civique du fameux Donald Tusk (un centriste dont les positions sur l’immigration feraient passer Marine Le Pen pour une quasi- gauchiste).

Le candidat de la Konfederacja à la présidentielle, Sławomir Mentzen, avait fait office de faiseur de roi, fort de près de 14 % des voix lors des élections de l’an dernier. Aux imbéciles qui inondent le discours politique du terme « extrême droite » pour attaquer à tout bout de champ tous les Bouchez de la terre, sachez une chose : vous finirez par avoir face à vous d’authentiques dingues si vous continuez de nier les problèmes migratoires et l’islamisation de notre continent. En réalité, les dernières élections européennes ont permis de voir émerger des forces politiques beaucoup plus radicales, à l’image de la Konfederacja.

 

On peut penser à AUR en Roumanie, ou aux Hongrois du parti « Ma Patrie », qui tiennent un discours mille fois plus musclé qu’Orbán, et dont les thèses racialistes et les revendications politiques d’un autre temps ont de quoi vraiment inquiéter ! En réalité, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas que dans cet univers, il y a bien plus que des nuances : il y a un véritable fossé ! Il n’y a aucune commune mesure entre le Rassemblement national et Aube Dorée, un parti nazi interdit depuis en Grèce. Il est temps de remettre un peu d’ordre dans la tête des pseudos experts qui ne travaillent pas assez pour admettre le bon sens des uns et la dinguerie des autres. Ils sont capables d’ergoter sur l’ensemble des scissions au sein des groupuscules trotskistes, de produire des papiers sur les 50 nuances de gauche, mais se retrouvent incapables de penser sérieusement les mouvements situés de l’autre côté de l’échiquier politique.

 

Ce que les pleurnicheurs de gauche ne comprennent pas, c’est que les partis populistes qui caracolent dans les sondages et prennent leurs responsabilités quand les cordons antidémocratiques tombent (Pays-Bas, Suède, Italie…) réclament en réalité une politique simple : des frontières protégées, un refus de l’islamisme, l’expulsion des illégaux et une vie décente pour les nationaux, indépendamment de la couleur de peau, du sexe ou de la religion. Malgré les anathèmes et les caricatures, ce sont des revendications bien simples et qui tombent sous le sens. Ajoutons qu’en réalité, ces demandes sont souvent déjà prévues par une législation en vigueur, mais non appliquée. Les 112 000 illégaux présents sur le sol belge en sont un exemple criant. Le problème, c’est qu’à force de faire régner le confusionnisme, les anathèmes « extrême droite », « populisme » et « fascisme » se confondent dans les têtes de la caste journalistique et universitaire, y compris parmi les pseudo-experts en la matière – aussi mous que les sciences molles dont ils sont issus. Résultat : on ne voit pas le danger. À force de tout laisser partir à vau-l’eau, on créera les conditions pour l’émergence de véritables partis d’extrême droite au sens que les sciences politiques lui donnent vraiment (avis aux experts autoproclamés de la RTBF, ce phare du monde !).

 

Tout cela nous fera regretter les droites populistes classiques, que l’on finira par trouver bien ternes à force de laisser le chaos s’installer en Europe. Même les cerveaux les plus attaqués par l’aveuglement actuel et sa doxa multiculturaliste délirante finiront par trouver Jordan Bardella et Geert Wilders courageux, à l’image d’un Jean-Marie Le Pen revenu post-mortem du côté de ceux qui ont prévenu du danger au moment où peu osaient faire un petit exercice de prospective un tant soit peu sérieux. À défaut de cela, on tombera sur un collègue qui finira par dire : le Vlaams Belang ou le Rassemblement national, quelle bande de bolchéviques ! C’est à ce moment précis que vous pourrez vous dire qu’il est déjà un peu tard pour réagir. C’est simple à comprendre, non ?

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